Documentaires

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Vous allez me dire : t’as consulté tout cela pour ça ? Ben oui : il suffit d’une phrase une seule, dans un documentaire d’une heure, de quelques pages dans un livre… pour faire parfois jaillir une seule idée.

 

WEBOGRAPHIE1ère (La) – FranceTV Info .
Amers Indiens – édition spéciale7 juin 2018
Sans doute LE documentaire à voir sur l’histoire amérindienne de Guyane. L’esclavage avant l’esclavage dans le cadre de la commémoration des 170 ans de l’abolition, Guyane la 1ère vous propose un voyage dans le temps des tout premiers jours de la colonisation avant la traite négrière. En 26 minutes, on y découvre le sort réservé par les premiers colons aux peuples autochtones de cette terre d’Amazonie (avec le témoignage d’Alexis Tiouka, juriste en droit amérindien, d’Éline Grand Émile, juriste descendante d’esclave, et de nombreux autres militants et représentants amérindiens importants). Un film de José Charles-Nicolas. Un débat s’en ensuivi.

Kazadok – immersion au coeur de la Guyane – 6 novembre 2019
Documentaire » Toutes les âmes de Guyane » sur la préservation, le partage de connaissance des atouts culturels, environnementaux, patrimoniaux et des merveilles du pays Guyane. (Nombreux passages sur les villages amérindiens, Wayana, Kali’na ; interviews chef coutumier, chaman, musicien… ). Réalisateur : Daniel Rihi.

Journal des Wayanas 

Tribale Wayanas VF.

SAWA – Savoirs autochtones Wayana-Apalaï – Le réveil des cultures amérindiennes endormies
Après Pilima le 12 janvier 2020 et Antecume-Pata, quatre villages du Haut-Maroni en Guyane accueillent pendant dix jours une exposition itinérante en français et en wayana. Dix-sept panneaux restituent les temps forts d’un projet ambitieux appelé SAWA pour Savoirs Autochtones Wayana-Apalaï + reproduction du premier livre en Wayana. Voir aussi WATAU.
https://la1ere.francetvinfo.fr/longs-formats-reveil-cultures-amerindiennes-endormies-660291.html

W.
WATAU
Les Wayana et Apalaï utilisent les nouvelles technologies. « Nous avons créé le portail WATAU à destination de nos communautés et de nos plus jeunes en particulier, car les nouvelles générations ne connaissent plus nos traditions ».
Avec ces cinq lettres, WATAU, n’est pas seulement l’acronyme de la traduction de SAWA en langue caribe : Wajana Apalai Tuwalonu (savoir) A- apëipotpï (enregistrer), U-uhpak (ancien). C’est aussi le nom wayana d’un poisson, devenu l’emblème de la plateforme numérique qui sert de socle au projet SAWA (Savoirs Autochtones Wayana-Apalaï. Voir aussi 1ère (La)
https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Patrimoine-culturel-immateriel/Ressources/PCI-en-Outre-mer/Galerie-de-projets-inspirants/SAWA-Savoirs-autochtones-des-Wayana-et-Apalai).
https://watau.fr/

Médecine

• Déserts médicaux : des tournées à bord d’une pirogue en Guyane

En Guyane, le système de santé a dû être adapté aux zones les plus reculées. Certains médecins font leur tournée en pirogue.
https://www.francetvinfo.fr/france/guyane-francaise/deserts-medicaux-des-tournees-a-bord-d-une-pirogue-en-guyane_3502631.html

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A TRIER :

• Dans les forêts de Guyane (chaîne Youtube + sites, Instagram, etc.)

Exploration, observation de la faune sauvage, photographie : nous parcourons la forêt amazonienne de Guyane à la recherche de son extraordinaire biodiversité.https://www.youtube.com/channel/UCklMmorBZS-ZwIakhbZInnA

• «Si l’on ne se mobilise pas, d’ici 20 ans il ne restera plus rien de la culture Wayana…» Libération. VOYAGE EN TERRE D’OUTRE-MER (3) / 17 juillet 2017. Par Anne Pastor et Hugo Moati.
https://www.liberation.fr/voyages/2017/07/14/si-l-on-ne-se-mobilise-pas-d-ici-20-ans-il-ne-restera-plus-rien-de-la-culture-wayana_1581734

• Napoléon Chagnon, le dernier anthropologue ?`
Inconnu en France, Chagnon est mort fin septembre. Ses travaux, qui rompaient avec la vision du paisible indigène, ont fait l’objet de controverses féroces.
 Par Matthew Blackwell* pour Quillette** (traduction par Peggy Sastre)

Publié le 12/10/2019 à 17:37 | Le point.fr
https://www.lepoint.fr/debats/napoleon-chagnon-le-dernier-anthropologue-12-10-2019-2340910_2.php
Nous sommes en 1978. Juché sur des béquilles, une jambe dans le plâtre à cause d’un accident de jogging, Edward O. Wilson, biologiste renommé, s’avance lentement à la tribune du congrès annuel de l’AAAS, l’Association américaine pour l’avancement des sciences. Alors qu’il prend place devant ses notes, une soudaine clameur brise le silence de l’assemblée : tout le premier rang s’est levé comme un seul homme et hurle des insultes en rejoignant prestement l’estrade. Les protestataires bousculent Wilson et lui renversent un pichet d’eau glacée sur la tête. Ce sont des marxistes, ulcérés par le livre que Wilson a publié quelques années plus tôt, Sociobiology.

Cette histoire est aujourd’hui familière lorsqu’il est question du débat nature/culture, tant elle illustre l’hostilité rageuse dont font preuve certains idéologues pour réduire au silence ce que le commun des mortels considère déjà comme un fait incontestable : que les humains, comme toutes les autres espèces vivantes, ont une nature. Ce jour-là, alors que la foule abandonne Wilson pour quitter l’auditorium, un homme ira à contre-courant et essayera de se frayer un chemin vers l’avant de la salle. « Je n’avais jamais vu un comportement aussi haineux, terrifiant et dégueulasse dans une conférence universitaire », se souvient le célèbre anthropologue Napoléon Chagnon. S’il ne le savait pas encore, ces événements présageaient ce que Chagnon allait lui-même endurer pour avoir voulu importer une vision du monde wilsonienne en anthropologie, et générer ainsi l’une des plus énormes polémiques jamais traversées par la discipline.

Menace

On se souvient de Chagnon, décédé le 21 septembre, comme de l’un des derniers titans de l’anthropologie. Peut-être même comme l’un des derniers ethnographes, dans la lignée de Mead et de Malinowski, à avoir été capable de s’enfoncer dans une région reculée du monde pour vivre aux côtés d’un peuple aussi relativement peu acculturé qu’étudié. Grâce à ses recherches, des millions de personnes se sont intéressées aux cultures traditionnelles et au champ de l’anthropologie culturelle.

Trempé de sueur, les mains et le visage gonflés par les piqûres d’insectes, c’est en 1964 que Chagnon débarque pour la première fois dans un village vénézuélien enclavé au cœur de l’Amazonie, au bord d’une rivière infestée de piranhas. En sortant de sa barque en aluminium, une odeur d’excréments et de matières végétales en décomposition le prend à la gorge. Il se fraye alors un chemin à travers un mur de feuilles et tombe nez à nez avec « une douzaine d’hommes hideux, nus et musculeux qui [le] fixaient derrière leurs arcs bandés ». Dès sa toute première rencontre avec les Yanomamö, Chagnon comprend combien la paranoïa règne sur le quotidien de ce peuple qui vit sous la menace permanente de rapines.

Il faudra du temps pour que Chagnon s’acclimate au fin fond de la forêt amazonienne et à ses menaces exceptionnelles. Les insectes ne cessent de le tourmenter – pas seulement les volants qui piquent, mais aussi les termites qui colonisent les chaussures pour y faire leurs nids ou les araignées et les scorpions que la chaleur des vêtements attire au beau milieu de la nuit. Sans oublier les serpents. « J’avais posé mon fusil à double canon de calibre 12 sur la rive à côté de moi », se souvient-il. Quelques instants plus tard, « je vois l’eau exploser : une énorme tête d’anaconda jaillit et se précipite à quelques centimètres seulement de mon visage. J’ai tout de suite eu la rage : cet enculé de serpent essayait d’avoir ma peau  ! » Chagnon se met à tirer. Le serpent se tortille violemment tandis qu’il recharge et tire, recharge et tire.

Mais c’est surtout des jaguars que Chagnon s’inquiétait le plus. L’animal est en effet connu pour pouvoir tuer plusieurs hommes en une seule attaque. De temps à autre, Chagnon et ses compagnons sont harcelés par ces prédateurs, parfois pendant des heures. Il les entend rôder la nuit autour du bivouac où il fait étape entre deux visites de villages. Une nuit, il se réveille nez à nez avec un jaguar toutes dents dehors. Mais grâce à la moustiquaire et aux cris des villageois, l’animal déguerpira dans la jungle sans demander son reste.

Potache

En 1966, Chagnon se met à travailler avec le généticien James Neel. Neel avait réussi à convaincre la Commission de l’énergie atomique des États-Unis de financer une étude génétique d’une population isolée et pouvait rémunérer Chagnon pour l’aider dans ses recherches. Ayant commencé à prélever des échantillons de sang des Yanomamö pour leur administrer le vaccin Edmonston B, l’équipe de Neel allait découvrir que les Yanomamö n’avaient aucun anticorps contre la rougeole.

De fait, la tribu semble sortir tout droit d’un manuel d’anthropologie – les Yanomamö sont patrilinéaires et polygames (polygynes) ; comme d’autres cultures dans le monde, ils pratiquent le lévirat – un homme doit épouser la femme de son frère mort ; ils respectent des rôles cérémonieux et s’adonnent à des rituels d’isolement avec des tabous alimentaires et sexuels. Mais il arrive que le vernis exotique craquelle pour révéler une humanité commune, notamment un féroce humour potache. Au début des recherches de Chagnon, les Yanomamö lui feront une blague : lorsqu’il leur demande leur nom, ils lui répondent des obscénités. Chagnon ne s’en rendra compte que plusieurs mois plus tard, lorsqu’il se vante auprès d’un autre groupe de Yanomamö de bien connaître leurs généalogies et qu’il les voit rire aux larmes. Ils le supplient de continuer et, sans en être conscient, Chagnon énumère : « Chatte Poilue était mariée au chef Grosse Bite, leur plus jeune fils s’appelait Trou-du-Cul ». Découvrant le canular, Chagnon est à la fois gêné et furieux : cinq mois de collecte de noms se révèlent n’être qu’une litanie d’insultes. À partir de ce jour, il vérifiera toutes ses informations auprès de plusieurs Yanomamö de différents villages.

Pourquoi la violence  ?

S’ils sont de joyeux drilles, les Yanomamö sont aussi extrêmement violents : Chagnon découvre que jusqu’à 30 % des hommes se font massacrer par leurs congénères. La guerre et la violence sont monnaie courante, et les duels une pratique rituelle : deux hommes se tapent dessus à la matraque jusqu’à ce que l’un des deux succombe. Selon Chagnon, cela ne fait aucun doute que les femmes et les vengeances constituent les causes principales de cette violence. Un point qui n’est pas très surprenant lorsqu’on connaît l’omniprésence d’une impitoyable compétition sexuelle entre mâles dans le règne animal, sauf que les anthropologues préfèrent voir dans la genèse de la violence humaine des questions plus immédiates, comme les conflits de ressources. Un jour que Chagnon demande au chaman yanomamö Dedeheiwa de lui expliquer la cause de la violence, le prêtre répond : « Ne pose pas de questions aussi stupides  ! Ce sont les femmes  ! Les femmes  ! Les femmes  ! Les femmes  ! Les femmes  ! » Chez les Yanomamö, les combats éclatent sur fond de jalousie, d’indécence sexuelle, de viol, de tentatives de séduction, de kidnapping et de promesses de femmes non tenues.

En général, les raids et les attaques intestines voient un ou plusieurs hommes essayer d’enlever les femmes du groupe ciblé. « La victime est agrippée par un bras par ses ravisseurs et ses défenseurs tiennent l’autre bras. Puis les deux groupes tirent dans des directions opposées », explique Chagnon. On lui raconte même l’histoire d’une femme désarticulée dans la manœuvre. « La victime hurle de douleur et la lutte peut durer plusieurs longues minutes avant qu’un groupe n’ait l’avantage. » Si, dans ses entretiens, Chagnon trouve qu’une femme sur cinq a été enlevée, il n’est pas rare que certaines soient reconnaissantes envers leur kidnappeur quand le nouveau mari est moins cruel que l’ancien. De fait, le traitement des femmes yanomamö est des plus horribles et Chagnon doit souvent faire face au dilemme que connaissent bien des anthropologues – faut-il intervenir ou rester dans sa position d’observateur  ? Les hommes battent leur femme par jalousie sexuelle, les punissent à coup de flèches ou de bâtons incandescents qu’ils placent entre leurs jambes pour leur faire passer toute envie d’infidélité. Un jour, un homme allait frapper sa femme à la tête avec une bûche devant un public impassible. « À chaque fois, sa tête rebondissait sur le sol, comme s’il tapait dans un ballon de foot avec une batte de base-ball. Avec le chef, nous sommes intervenus – il était en train de la tuer. » Chagnon lui suturera la tête. Mais une fois rétablie, la femme allait jeter sa petite fille endormie au feu, pour plus tard mourir mordue par un serpent venimeux. En Amazonie, la vie peut être misérable, brutale et courte.

Les tueurs récompensés

Pour ses recherches, Chagnon se rendra plus de vingt fois en Amazonie. En 1968, il publie Yanomamö : The Fierce People, tout de suite best-seller dans le monde entier. Mais en anthropologie, le livre suscite tout aussi immédiatement la controverse. S’il fait l’objet d’un immense respect et devient vite une référence dans le cursus universitaire, son sous-titre qualifiant les Yanomanö de peuple « féroce » dérange les anthropologues, qui préfèrent à l’époque parler dans leurs monographies de tribus « paisibles », de peuplades « inoffensives », voire de communautés qui « ne connaissent pas la colère ». Au sein de la discipline, on s’obstine à camoufler les cultures primitives sous une façade idyllique : 61 % des hommes waorani ont beau connaître une mort violente, un anthropologue qui décrit ce peuple amazonien en parle néanmoins comme d’une « tribu où règne l’harmonie » du fait d’une « éthique mettant l’accent sur la paix ». Lorsque vous considérez ce genre de société comme harmonieuse, il est peu probable que vous soyez impressionné par un Chagnon qui voit dans les Yanomamö un « peuple féroce », alors que seulement 30 % des hommes sont tués par d’autres hommes. Ce même anthropologue, pour qui les Waoroni se feraient fort d’une éthique pacifiste, mettra d’ailleurs ses plus beaux habits jargonneux pour accuser Chagnon de « projection des traditionnels préjugés de la construction occidentale de l’Altérité ».

Mais c’est face à la découverte des unokai – titre honorifique récompensant des hommes pour en avoir tué d’autres – que les anthropologues vont le plus blêmir. Selon les calculs de Chagnon, les tueurs ont environ trois fois plus d’enfants et deux fois plus d’épouses que les autres. Détaillant ses observations dans un article publié dans Science en 1988, Chagnon laisse entendre que les hommes victorieux dans ce phénomène culturel – démontrer sa prouesse militaire à tuer pour se venger – étaient tenus en meilleure estime par le groupe et étaient aussi considérés comme plus séduisants par les femmes. Dans certains cercles extérieurs à l’anthropologie, là encore, la théorie de Chagnon n’est pas surprenante, mais ses implications pour l’anthropologie pouvaient être profondes. Dans La Part d’ange en nousSteven Pinker souligne que si les hommes violents s’avèrent plus adaptés sur un plan évolutif que les autres, « cette arithmétique, si elle persistait pendant plusieurs générations, favoriserait une tendance génétique à vouloir et à pouvoir tuer ».

Les conflits sur les moyens de reproduction – les femmes – (…) – ont façonné la psychologie masculine humaine

La question de savoir si la meilleure fitness darwinienne des hommes violents est un phénomène universel à toute l’humanité préhistorique reste contestée. Chagnon va visiblement dans ce sens : « Les conflits sur les moyens de reproduction – les femmes – ont dominé les machinations politiques masculines durant toute l’histoire de l’humanité et ont façonné la psychologie masculine humaine », écrit-il. Ses détracteurs n’en croient pas leurs yeux. Non seulement accusait-il une société amazonienne jusqu’ici inconnue de récompenser ses mâles les plus violents par un succès reproductif, mais il en déduisait que l’humanité tout entière était elle-même souillée du sang de nos ancêtres ! Dans cette hypothèse, ils voient une menace : une nouvelle façon de penser le comportement humain risquait de s’immiscer en anthropologie pour promouvoir un nouveau paradigme d’écologie comportementale appliquée à l’humain. Chagnon fait une entrée fracassante sur le champ de bataille des science wars et les anthropologues vont faire la queue pour le couvrir d’opprobre et tourner ses hypothèses en ridicule. Le « débat » sera si mesquin que certains anthropologues refuseront d’utiliser sa translittération « Yanomamö », pour lui préférer « Yanomami ». S’ils n’arrivaient pas à s’entendre sur le nom du peuple, sur quoi d’autre pouvaient-ils espérer tomber d’accord  ?

Aux yeux de Chagnon, son plus redoutable critique fut l’éminent anthropologue Marvin Harris. Harris avait été officieusement couronné roi de la discipline après la publication de son magnus opus The Rise of Anthropological Theory. Fondateur de la très influente école matérialiste d’anthropologie, il soutient que les ethnographes devraient d’abord chercher des explications matérielles au comportement humain avant d’envisager des alternatives, car « la vie sociale humaine est une réponse à des problèmes pratiques de l’existence ». Selon Harris, la structure et la « superstructure » d’une société sont en grande partie des épiphénomènes de son « infrastructure » ; en d’autres termes, que l’organisation économique et sociale, les croyances, les valeurs, l’idéologie et le symbolisme d’une culture évoluent à la suite des changements des circonstances matérielles d’une société particulière et que des pratiques culturelles apparemment désuètes tendent à refléter la relation entre l’Homme et son environnement. Par exemple, l’interdiction de la consommation de bœuf chez les Hindous en Inde n’est pas principalement le fait d’injonctions religieuses. Ces croyances religieuses sont elles-mêmes des épiphénomènes des véritables causes : les vaches sont plus précieuses pour tirer les charrues et produire des engrais et du combustible pour chauffer les maisons. Le matérialisme culturel privilégie les explications de type « étique » sur l’« émique », il ignore les opinions des membres d’une société et entend découvrir la réalité qui se cache derrière ces opinions.

Ainsi, lorsque les Yanomamö expliquent que la guerre et les combats sont causés par les femmes et les vendettas, Harris leur cherche une explication matérielle relevant des préoccupations immédiates de survie. Les données de Chagnon confirment que plus un village est grand, plus les risques de combats, de violence et de guerre sont élevés. Dans son livre Good to Eat : Riddles of Food and Culture, Harris soutient que les combats sont plus fréquents dans les plus grands villages yanomamö parce qu’ils épuisent les stocks de gibier local plus rapidement que les petits villages, ce qui ne laisse aux hommes pas d’autres choix que de se battre entre eux ou d’attaquer des groupes extérieurs pour combler leurs besoins en protéines. Lorsque Chagnon présente la théorie matérialiste de Harris aux Yanomamö, ils éclatent de rire et répondent : « Oui, nous aimons la viande, mais nous aimons beaucoup plus les femmes. » Selon Chagnon, les petits villages sont moins violents parce que leurs membres sont biologiquement plus proches – ces communautés ne sont composées que de deux ou trois grandes familles, avec des systèmes de répartition et de partage des femmes plus stables.

Un soir, Chagnon assiste à un débat sur la sociobiologie entre Edward Wilson et Harris au Smithsonian Institute. À un moment donné, alors qu’il est en train de décrire les dangers de la sociobiologie, Harris fait une pause et s’exclame : « Saviez-vous qu’il y a un anthropologue, un homme désormais célèbre pour ses longues recherches sur les Indiens d’Amazonie, qui prétend, mesdames et messieurs, que ces tribus n’ont pas seulement un gène de la guerre, mais qu’elles ont aussi des gènes de l’infanticide  ! » Une telle caricature du point de vue de Chagnon que ce dernier fait passer une question au modérateur. Il veut qu’Harris « donne le nom de ce fameux anthropologue qui affirme qu’il existe des gènes de la guerre et de l’infanticide ». Mais pendant toute la session des échanges avec le public, Harris ne cesse de temporiser sa réponse, tant et si bien que le modérateur en vient à annoncer la conférence terminée. Qu’à cela ne tienne, Chagnon se lève et demande une nouvelle fois à Harris de donner le nom de l’anthropologue mystère. Le public, qui reconnaît immédiatement Chagnon de ses documentaires, se met à crier : « Qu’il parle  ! Laissez-le parler  ! » Momentanément décontenancé, Harris avoue que s’il a mal compris Chagnon, il l’invite à revenir à l’anthropologie. La réponse de Chagnon ? « Mais je ne l’ai jamais quittée. »

En butte aux missionnaires salésiens

Si les critiques de Harris et d’autres anthropologues continuent de pleuvoir sur Chagnon aux États-Unis, sa réputation en vient à se détériorer sur un autre front. Dès son arrivée en Amazonie, Chagnon avait entretenu des relations cordiales avec un prêtre missionnaire des Salésiens de Don Bosco. En réalité, Chagnon et le prêtre sont devenus tellement bons amis que le religieux demande un jour à Chagnon de tuer un de ses compagnons de mission, accusé d’avoir rompu son vœu de chasteté en couchant avec une femme yanomamö. Le prêtre craint que l’incartade ne salisse l’honneur de l’ordre salésien. Évidemment, Chagnon refuse, mais cela met leur relation à rude épreuve. Elle se détériore davantage lorsque Chagnon découvre que les missionnaires distribuent des fusils aux autochtones et que ceux-ci les utilisent dans leurs guerres. En outre, les missionnaires ignorent toutes les recommandations de Chagnon pour préserver les Indiens de la rougeole : en voulant convertir les Yanomamö, les salésiens contribuent à la propagation rapide de la maladie. Les liens entre les missionnaires et Chagnon se rompent définitivement lorsque l’anthropologue collabore à un documentaire où les religieux sont présentés sous un jour moins que flatteur. Au début des années 1990, les missionnaires entendent chasser tout bonnement Chagnon d’Amazonie et redoublent d’efforts lorsqu’ils apprennent que la BBC et Nova sont sur le point de produire un nouveau documentaire dans la forêt tropicale portant sur sa dispute avec Marvin Harris. Ils arriveront à leurs fins : les salésiens font pression sur Maria Luisa Allais, la responsable de la Commission indienne du Venezuela, pour qu’elle refuse à Chagnon un permis dont il avait besoin pour revenir dans le pays et continuer ses recherches.

En 1993, une tragédie frappe l’Amazonie lorsque des chercheurs d’or traversent la frontière en provenance du Brésil et massacrent plusieurs Yanomamö, dont des femmes et des enfants. L’explorateur Charles Brewer-Carías est choisi pour diriger une commission présidentielle sur le massacre, et il veut que Chagnon en fasse partie, vu qu’il est l’un des rares anthropologues au monde à parler yanomamö. Lorsque le président vénézuélien Carlos Perez apprend que Chagnon s’est vu refuser un permis d’entrée, il téléphone au ministère de l’Éducation et lui ordonne de lui en délivrer un derechef. Maria Luisa Allais, visiblement dans ses petits souliers, s’exécute et Chagnon récupère ses papiers. Le fait que Chagnon ait court-circuité la Commission indienne et fasse maintenant partie de la commission présidentielle chargée d’enquêter sur le massacre exaspère au plus haut point les salésiens. Ils pensent que l’enquête leur revient de droit. Dès le premier jour des investigations, un évêque salésien accompagné d’hommes armés de fusils automatiques se pose en hélicoptère sur le lieu du massacre et ordonne à Brewer-Carías et à Chagnon de déguerpir. Le gouvernement étant alors à la veille d’un coup d’État et peu disposé à faire respecter la loi et l’ordre dans les profondeurs de l’Amazonie, la commission d’enquête sera rapidement dissoute. Toute sa vie, Chagnon regrettera que les morts n’aient pu obtenir justice.

Une crise sans précédent

Malgré leur amère rivalité intellectuelle, Marvin Harris ne va jouer aucun rôle dans les sensationnelles accusations portées contre Chagnon, voulant qu’il ait mené ses recherches en Amazonie de manière contraire à l’éthique. Celles-ci seront le fait d’une coalition d’anthropologues moins éminents, dont certains occupent des fonctions de premier plan dans des organisations militantes créées de toutes pièces pour s’opposer à Chagnon. David Maybury-Lewis, président de l’association Cultural Survival, fut l’un des premiers critiques de Chagnon et aussi l’un des premiers anthropologues à conspuer la « férocité » qu’il attribuait aux Yanomamö. Un étudiant de Maybury-Lewis, Terence Turner, président pour sa part de Survival International USA, sera un détracteur encore plus farouche de Chagnon. Survival International, qui s’en est récemment pris à Steven Pinker pour La Part d’ange en nous, promeut depuis longtemps l’image rousseauiste de peuplades traditionnelles devant être préservées dans toute leur splendeur naturelle des ravages du monde moderne. Survival International vilipende toutes les découvertes anthropologiques susceptibles de compliquer cet angélique tableau et Chagnon s’est aventuré en plein dans leur ligne de tir. Sur leur site internet, on trouve toujours une pétition reprochant à Chagnon sa caractérisation des Yanomamö comme « peuple féroce, violent et archaïque ».

Pendant des années, Terence Turner de Survival International prêtera main-forte à un soi-disant journaliste, Patrick Tierney, qui enquêtait sur Chagnon pour son livre Au nom de la civilisation. En 2000, alors que le livre de Tierney est sur le point d’être publié, Turner et son collègue Leslie Sponsel écrivent à la présidente de l’American Anthropological Association (AAA) et l’informent qu’une crise sans précédent est sur le point de toucher l’anthropologie. En effet, Tierney affirme que Chagnon et Neel avaient propagé la rougeole chez les Yanomamö en 1968 en utilisant des vaccins défectueux ou que les documentaires de Chagnon dépeignant la violence des Yanomamö ont été truqués et que plusieurs Yanomamö l’ont payé de leur vie sur le tournage de scènes dangereuses. En outre et entre autres, Chagnon est accusé d’avoir généré de la violence parmi les Yanomamö, falsifié ses données, déclenché des guerres et aidé des politiciens corrompus. Neel est également accusé d’avoir refusé des vaccins à certaines populations autochtones dans le cadre d’une expérience. Les médias ne tardent pas à se faire l’écho des calomnies de Tierney, dont le Guardian qui publie un article incendiaire accusant Neel et Chagnon d’eugénisme. Turner affirme pour sa part que Neel croyait en un gène du « leadership » et que le pool génétique humain pouvait être amélioré en éliminant les individus les plus médiocres. « L’implication politique de cet eugénisme fasciste », déclare Turner au Guardian, « est clairement que la société devrait être réorganisée en petits isolats procréatifs dans lesquels des hommes génétiquement supérieurs pourraient devenir dominants et ainsi éliminer ou réduire les perdants en esclavage ».

Une guerre sans merci

À la fin de 2000, l’American Anthropological Association (AAA) annonce une consultation au sujet du livre de Tierney. La nouvelle n’est pas tout à fait rassurante pour Chagnon, vu le passif de l’organisation avec des anthropologues ne suivant pas la ligne du parti. Lors de la controverse Freeman-Mead, quand l’anthropologue néo-zélandais Derek Freeman avait critiqué le livre de Margaret Mead Adolescence à Samoa, le magazine Science, édité par l’association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS), louera le travail de Freeman au moment même où l’AAA le conspuait. L’AAA s’en prendra d’ailleurs à l’AAAS à laquelle elle reproche de pas avoir condamné Freeman. Sauf que selon une enquête approfondie de l’Académie des sciences, les affirmations de Tierney étaient « manifestement fausses », son livre portant « un grave préjudice (…) à la science elle-même ». Du côté de l’AAA, on estime que l’ouvrage de Tierney a « rendu un précieux service à notre discipline ». L’AAA décide de réunir un groupe de travail, l’« El Dorado Task Force », chargé non pas d’« enquêter » sur Chagnon, ce qui aurait violé son code de déontologie, mais sur les affirmations de Tierney.

Derrière les portes closes de l’AAA, les tensions sont vives. « Détruisez ce message », écrit Jane Hill, chef du groupe de travail à Sarah Hrdy, une autre anthropologue. « Le livre n’est qu’un tas de fumier (nous utiliserons des mots plus ripolinés dans notre rapport, mais nous sommes tous d’accord là-dessus). Je pense néanmoins que l’AAA devait faire quelque chose, parce que je suis persuadée que les travaux des anthropologues auprès des peuples indigènes en Amérique latine (…) et leur avenir ont été gravement remis en question par ces accusations. Le silence de l’AAA aurait été interprété comme un acte d’approbation ou de lâcheté. La postérité jugera du bien-fondé de cette décision. » Bouleversé d’apprendre que la communauté anthropologique pourrait prendre au sérieux les accusations de Tierney, Chagnon est hospitalisé pour un évanouissement causé par le stress. Soupçonnant que le groupe de travail avait été constitué pour pousser Chagnon sous le bus, l’anthropologue Raymond Hame démissionnera de la commission. En 2002, l’AAA se voit remettre le rapport du groupe de travail : s’il n’est pas une « enquête » en bonne et due forme, il reproche néanmoins à Chagnon d’avoir dépeint les Yanomamö d’une manière « néfaste » et le tient responsable d’avoir fait passer ses recherches avant leurs intérêts.

Lavé de tout soupçon

Les accusations les plus graves de Tierney s’effondrent cependant comme un château de cartes. En 2000, les chefs élus des Yanomamö publient un communiqué, affirmant que Chagnon était arrivé après l’épidémie de rougeole et qu’il avait sauvé des vies, « Le Dr Chagnon – que nous connaissons sous le nom de Shaki – est venu dans nos communautés avec des médecins et il nous a vaccinés contre la maladie épidémique qui nous tuait. Grâce à lui, nous sommes des centaines à avoir survécu et nous sommes très reconnaissants au Dr Chagnon et à ses collaborateurs pour leur aide. » Des enquêtes de l’American Society of Human Genetics et de l’International Genetic Epidemiology Society concluent toutes au caractère sans fondement des accusations de Tierney quant à l’épidémie de rougeole. L’université du Michigan renouvelle sa confiance à son professeur. Les articles se multiplient dans les revues spécialisées pour dénoncer les conclusions erronées du groupe de travail de l’AAA. En 2005, l’American Anthropological Association vote le retrait du rapport et lave Chagnon de tout soupçon.

En 2000, un communiqué commun entre leaders yanomamö et leurs voisins Ye’kwana réclame la tête de Tierney : « Nous exigeons que notre gouvernement national enquête sur les fausses déclarations de Tierney, qui entachent la mission humanitaire qu’avait menée Shaki [Chagnon] avec beaucoup de tendresse et de respect pour nos communautés. » L’enquête ne verra jamais le jour, mais la réputation de Tierney, déjà bringuebalante, est achevée par les travaux de l’historienne des sciences Alice Dreger. Elle découvre, entre autres, que si Tierney remercie une anthropologue vénézuélienne de lui avoir fourni un dossier sur Chagnon, en réalité, comme l’anthropologue l’avouera à Dreger, Tierney en était le seul auteur et l’avait fait passer pour une source à charge indépendante.

En 2012, Tierney a disparu des radars. Il n’écrit ni ne se montre plus jamais plus en public. Chagnon, lui, a été élu à l’Académie nationale des sciences, la plus prestigieuse distinction qui puisse être décernée à un scientifique après le prix Nobel. Pour Chagnon, l’exonération est totale mais, aujourd’hui encore, certains anthropologues continuent de véhiculer les mensonges de Tierney. Si Turner a fini par les abandonner, il cherchera jusqu’à sa mort en 2015 d’autres preuves accablantes contre Chagnon. En 2013, l’anthropologue David Price publie un article dans le journal d’extrême gauche CounterPunch pour critiquer la décision de l’Académie nationale des sciences. Il y cite le livre de Tierney sans se fatiguer à préciser que l’auteur et ses arguments ont été depuis longtemps discrédités. L’anthropologue Marshall Sahlins, également thuriféraire de Tierney, démissionne de l’Académie nationale des sciences pour protester contre l’élection de Chagnon. David Graeber, son protégé, commente « Sahlins est un véritable homme de principe (…) Il n’a jamais eu beaucoup de patience pour les machos yankees en débardeur qui prenaient d’assaut les jungles et traitaient leurs habitants de brutes sauvages histoire d’avoir une excuse pour se comporter eux-mêmes en brutes sauvages ». Les querelles entre détracteurs et partisans de Chagnon ne sont pas près de s’éteindre, malgré les preuves disponibles. Comme Alice Dreger le faisait remarquer à Graeber sur Twitter en 2013 : « Si Sahlins n’arrive pas à admettre que Chagnon n’a rien fait, alors peut-être qu’il n’avait effectivement plus sa place à l’Académie nationale des sciences. »

Le véritable schisme

Pour le Scientific American, cette controverse incarne les « heures les plus sombres de l’anthropologie » et soulève de troublantes questions pour l’ensemble de la discipline. En 2013, Chagnon publie son dernier livre, une autobiographie où il écrit que l’anthropologie est depuis longtemps tiraillée par un schisme bien plus important que n’importe quelle opposition entre paradigmes de recherche ou écoles d’ethnographie. Le schisme entre ceux qui se consacrent à la science de l’humanité, les anthropologues au vrai sens du terme, et les opposants à la science, que ce soit ceux que l’on définit vaguement comme « postmodernes » ou les militants qui se déguisent en scientifiques et font passer la défense des droits autochtones avant la recherche de la vérité objective. Comme ambassadrice de la faction activiste des anthropologues, Chagnon désigne Nancy Scheper-Hughes et cite sa déclaration selon laquelle nous « n’avons pas besoin de nous engager philosophiquement pour les notions de raison et de vérité chères aux Lumières ».

si nous ne pouvons pas penser les institutions et les pratiques sociales en termes scientifiques et objectifs, alors l’anthropologie sera encore plus faible et inutile

Qu’importe les raisons et les torts des trois décennies de débat entre Chagnon et Harris, le paradigme matérialiste était une hypothèse scientifiquement discutable. Chagnon finira d’ailleurs par admettre qu’il avait bien plus en commun avec son vieux rival qu’avec les nouvelles générations de chercheurs-activistes. « Ironiquement, Harris et moi avons tous les deux plaidé pour une vision scientifique du comportement humain à une époque où un nombre croissant d’anthropologues ne pouvaient plus voir l’approche scientifique en peinture », écrit-il. Lorsque Nancy Scheper-Hughes déclare « si nous ne pouvons pas penser les institutions et les pratiques sociales en termes moraux ou éthiques, alors l’anthropologie me semble assez faible et inutile », Marvin Harris lui répond : « Si nous ne pouvons pas penser les institutions et les pratiques sociales en termes scientifiques et objectifs, alors l’anthropologie sera encore plus faible et inutile. »

Pour Chagnon comme pour Harris, il était dangereux que l’anthropologie ne soit plus une entreprise scientifique. Et tous les deux estimaient que des anthropologues, sans même parler d’autres chercheurs en sciences sociales, déguisaient un activisme de plus en plus anti-scientifique par le recours à un charabia postmoderne obscurantiste. Dans les années 1980, Chagnon ne renouvela pas son adhésion à l’American Anthropological Association parce qu’il ne comprenait plus le « charabia postmoderne inintelligible » enseigné dans le domaine. Dans son dernier livre, Harris abondait presque dans le sens de Chagnon : « Les postmodernistes sont désormais capables d’écrire sur leurs pensées d’une manière exceptionnellement impénétrable. Leur prose néo-baroque avec ses propositions enchâssées, ses syllabes entre crochets, ses métaphores de métaphores, ses pirouettes verbales, ses fioritures et ses figures stylistiques n’est pas un simple épiphénomène ; il s’agit bien plutôt d’une saillie raillant quiconque s’essayant à écrire des phrases simples et intelligibles dans la plus pure tradition moderniste. »

Dans la discipline que l’on appelle aujourd’hui anthropologie, la quête de connaissances sur l’humanité est à bien des égards devenue méconnaissable. Selon Chagnon, l’anthropologie culturelle était entrée dans « une ère de ténèbres ». Avec sa mort, l’anthropologie s’avance un peu plus vers l’obscurité.

*Matthew Blackwell est un écrivain australien, diplômé de l’université du Queensland en économie et en anthropologie. Vous pouvez le suivre sur Twitter @MBlackwell27

• TRiBUNE «En Guyane comme partout ailleurs, l’or rend fou, c’est une maladie» November 12, 2017
liberation.fr ·  Yanuwana Tapoka, membre des jeunesses autochtones de Guyane.

En marge de la COP23 s’est tenu, les 7 et 8 novembre, le Tribunal international des droits de la nature, à Bonn. Cette juridiction citoyenne a été créée par des ONG. Et lors de ce procès exemplaire et symbolique, le cas de la méga-mine d’or Montagne d’or, en Guyane française, a été porté par l’association France-Libertés devant un jury composé d’experts environnementaux et juristes de renommée internationale droit environnemental (1). Ce projet d’extraction aurifère, mené par un consortium russo-canadien, est soutenu par la quasi totalité de la classe politique guyanaise et par Emmanuel Macron. Le Tribunal international des droits de la nature est chargé de déterminer si ce projet minier viole les droits de la nature tels qu’établis dans la Déclaration universelle des droits de la terre mère.

Christophe Pierre, ou Yanuwana Tapoka, son nom autochtone, est membre des jeunesses autochtones de Guyane. Il a témoigné contre le projet Montagne d’Or lors du procès. Nous reproduisons ici son plaidoyer.

«Je m’appelle Christophe Pierre, Yanuwana Tapoka dans ma langue maternelle, j’appartiens au peuple Kali’na et j’ai 24 ans. Je vis à Terre rouge dans le nord-ouest de la Guyane française à environ 100 km de la zone convoitée par la société Montagne d’or.

Montagne d’or, qui pourrait être la plus grande mine à ciel ouvert jamais construite en France, est encore en phase d’exploration. Depuis 2011, des forages, dans le but de déterminer les ressources en or, se font sur une zone comprise entre deux réserves biologiques intégrales.

La compagnie minière Montagne d’or, détenue par l’entreprise russe NordGold et la canadienne Colombus Gold, s’apprête à demander les autorisations pour exploiter et extraire environ 87 tonnes d’or sur douze ans.

Ce projet est inacceptable.

Dans la tradition amérindienne, on nous apprend que ce qui est sous la terre, ce sont les problèmes qui ont déjà été réglés par les anciens. En fouillant le sol, on va réveiller ce que les anciens avaient déjà réussi à résoudre au prix d’énormes sacrifices. La seule raison valable pour creuser la terre, c’est pour trouver de l’eau.

Je suis membre du réseau des Jeunesses autochtones de Guyane, un mouvement qui s’est développé pendant les grèves qui ont touché notre région en mars et qui veut faire entendre les revendications des populations amérindiennes. Nous nous sommes donnés pour mission de réaliser une carte des zones sacrées des peuples amérindiens en retournant sur les sites, en collectant les connaissances avant qu’elles ne disparaissent dans le but de pouvoir les sauvegarder et les transmettre aux générations futures.

Cette carte permettra de mettre en évidence que la Guyane est un territoire amérindien, sur lequel se déplaçaient librement les peuples autochtones. Si je porte cette information à votre attention, c’est parce que le projet de Montagne d’or est situé sur le versant du fleuve de la Mana, la Mana qui est l’artère de la spiritualité Kali’na. C’est un fleuve sacré, qui est craint et respecté.

Messieurs et mesdames les juges, voilà pourquoi le projet de la Montagne d’or n’est pas le bienvenu en Guyane.

La Montagne d’or met directement en danger les terres de la forêt et l’eau de la Mana. Je ne peux pas admettre que des entreprises viennent piller et retourner la terre où vont grandir mes enfants et mes petits-enfants. Nous faisons déjà face à de nombreux fléaux en Guyane.

J’ai eu l’opportunité de parcourir tous les fleuves de la région, tous les villages de Guyane et nous sommes dans une situation catastrophique.

Les anciens racontent qu’auparavant, il y avait beaucoup de poissons et même des dauphins dans les cours d’eau de Guyane. Aujourd’hui, tout est contaminé par le mercure de l’orpaillage. La seule réponse de la France ? «Arrêtez de manger du poisson !» Aujourd’hui, nous sommes obligés d’aller chercher de la nourriture dans les grandes surfaces et de payer pour ces produits qui nous sont imposés. Notre choix ? Manger du poisson, qui nous contamine, ou acheter ces produits et nous serons tout de même contaminés par des pesticides ou des OGM. Cela doit s’arrêter, il faut des alternatives à ce système.

Alors que les populations amérindiennes du Maroni ont toujours vécu avec le fleuve, aujourd’hui, les autorités déconseillent de s’y baigner.

L’eau du Maroni est polluée par le mercure et les déchets que produit l’activité aurifère légale et illégale.

La société Montagne d’or annonce qu’elle exploitera le site sur une période de douze ans, et plus si d’autres gisements sont découverts. Une fois qu’ils auront exploité l’ensemble du sous-sol, la société Montagne d’or promet de suivre la reforestation pendant trente ans. Mais les forêts qui existent vers Dékou-Dékou et le massif Lucifer font partie des plus vieilles forêts des plateaux de Guyane. En réalité, il faut des centaines d’années pour qu’une forêt retrouve son état initial.

S’engager sur trente ans est une promesse ridicule.

La société Montagne d’or affirme aussi qu’elle offrira un avenir et un travail aux habitants. L’université de Guyane a mis en place une filière pour préparer ses étudiants à l’activité minière. C’est comme si on était déjà en train de tourner l’ensemble du développement de la région vers l’exploitation minière.

Messieurs et mesdames les juges, la vérité, la voici : la mine ce n’est pas quelque chose qui donne envie, qu’elle soit légale ou illégale. Ce n’est pas une belle vie : c’est salissant, c’est épuisant sous le soleil, on vit loin en forêt, loin de sa famille. Je connais des jeunes qui ont eu l’opportunité de travailler sur des sites légaux ou illégaux, et personne ne peut rêver de cette vie-là.

L’Etat français et les autorités sont en train d’investir dans le passé, le modèle de développement occidental est un modèle qui est condamné et qui se condamne lui-même. Aujourd’hui on aurait l’opportunité d’innover, de créer quelque chose de nouveau à partir de la diversité culturelle, de la biodiversité de notre territoire et des précieux savoirs transmis par la voix des anciens.

Les chefs coutumiers se sont exprimés majoritairement contre le projet Montagne d’or. En Guyane comme partout ailleurs, l’or rend fou, c’est une maladie, dès que vous mettez de l’or quelque part les hommes deviennent violents et avides. C’est malsain.

A travers les revendications amérindiennes, nous prétendons récupérer les terres de nos ancêtres pour les préserver des desseins destructeurs que les politiciens français ont pour la Guyane. Nous voulons être libres d’expérimenter de nouvelles choses et d’utiliser nos savoirs ancestraux.

Il faut revoir notre vision du monde et celle que l’on transmet à nos enfants. Pour que les générations futures structurent leurs pensées en ayant comme base la vision d’une société dans laquelle les êtres humains composent un ensemble qui doit fonctionner en accord avec la Nature.

Quand on se réfugie dans la conception occidentale où subsiste le mythe de l’individu qui peut et doit réussir seul, on oublie qu’on fait partie d’un tout, de ce fonctionnement global dont on n’est pas maître. Le projet Montagne d’or est le résultat de cette vision dénaturée du monde, c’est un cadeau empoisonné, de la spiritualité jusqu’à l’économie.

Pour finir, ce qui est frappant c’est la manière dont aujourd’hui encore on impose des choses à des peuples que l’on n’écoute même pas.

Cela va se passer chez nous et ce sont des gens à des milliers de kilomètres qui décident de mettre en danger nos vies et notre environnement. Ce projet démontre l’irrespect avec lequel sont traités les peuples autochtones et l’irresponsabilité dont la France fait preuve face aux enjeux environnementaux et climatiques.

Je m’adresse au jury du Tribunal international des droits de la nature : nous demandons l’abandon du projet Montagne d’or et un moratoire sur l’ensemble des projets miniers qui détruisent la nature en Guyane.

En Guyane, nous, peuples premiers, remplirons comme nous l’avons toujours fait notre rôle de gardiens de l’Amazonie, sanctuaire de la vie et de l’humanité.»

(1) Cormac Cullinan, Osprey Orielle Lake, Alberto Acosta, Simona Fraudatario, Shannon Biggs, Fernando «Pino» Solanas, Ute Koczy, Ruth Nyambura.

Yanuwana Tapoka membre des jeunesses autochtones de Guyane ·


• Communication interspécifique en Amazonie occidentale : la musique comme forme de conversation entre les plantes et les humains
revuecygnenoir.org Christina CALLICOTT
http://revuecygnenoir.org/numero/article/callicott-communication-interspecifique-en-amazonie

• Les étonnants tambours parleurs des Bora d’Amazonie
Une tribu d’Amazonie utilise des tambours pour diffuser ses messages à des dizaines de kilomètres de distance.
On connaissait les langues sifflées du Béarn, des Akhas (Asie du Sud-Est) ou encore de l’île de La Gomera (Canaries)… mais un autre mode de communication singulier vient d’être étudié par une équipe de chercheurs : celui du dernier peuple d’Amérique à utiliser des tambours pour expédier ses messages ! Au nord-ouest de l’Amazonie, à la frontière de la Colombie et du Pérou, les Boras, groupe qui compte environ 1500 personnes,  communiquent ainsi pour transmettre des informations jusqu’à 20 km de distance…
ans un article publié dans la revue Royal Society Open Science, des scientifiques travaillant en Allemagne, au Brésil, en Hollande, et en France, expliquent  comment ces percussions sont utilisées pour diffuser la parole… Car il s’agit bien de «tambours parleurs». « Ces tambours dits Manguarés servent à communiquer entre les différentes communautés Bora », explique Julien Meyer, chercheur CNRS au GIPSA-lab de l’Université Grenoble-Alpes, joint par Sciences et Avenir. Dans chaque village, chaque Maloca, maison circulaire en bois à la toiture végétale, possède un couple de tambours : un mâle, pour les sons aigus, et une femelle, pour les sons graves. Longs de deux mètres environ, ces cylindres creusés dans des troncs épais sont utilisés par des « tambourineurs » pour émettre les annonces.

« Leurs sons, en basse fréquence, passent très bien à travers la forêt alors qu’on pourrait croire que les arbres constituent un obstacle, poursuit le jeune linguiste, co-signataire de l’article. Les messages courts ainsi diffusés ont des destinations multiples. On peut ainsi demander à des chasseurs de rapporter un gibier particulier, alors qu’ils se sont déjà éloignés du village ; ou bien signaler l’arrivée de visiteurs, la survenue d’un décès ou – dans les temps plus anciens – l’approche d’ennemis. » Si les tambours codent les paroles, ils ne le font pas selon le code morse, par exemple, qui s’appuie sur l’alphabet et des transmissions chiffrées avec des séries d’impulsions courtes ou longues.
Chez les Bora, les tambours imitent la langue parlée, en utilisant la mélodie des intonations de la langue (variations acoustiques des sons graves ou aigüs). «Surtout, ils s’appuient sur le rythme, essentiel dans la compréhension et l’intelligibilité des paroles », précise Julien Meyer après l’analyse de 169 « dépêches ». En outre, ces missives sonores suivent toujours un même schéma : les premiers battements, donnés à l’aide de maillets, indiquent le thème du message  (invitation, fête, etc.), puis vient le nom du destinataire et enfin le message lui-même. « Ce système est proche de celui des annonces publiques tel qu’il était pratiqué en Europe avec les crieurs de villages», résume le linguiste. Les Bora d’Amérique sont le dernier groupe humain du continent à utiliser ce procédé, la langue Bora étant progressivement remplacée par l’espagnol. Des systèmes similaires sont encore attestés en Afrique de l’Ouest, notamment au Burkina Faso, en Centrafrique ou en Côte d’Ivoire, mais aussi chez les Chin de Birmanie.
https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/ethnologie/les-etonnants-tambours-parleurs-des-bora-d-amazonie_123533

• Davi Kopenawa, le « Dalaï-lama d’Amazonie », reçoit le Prix Nobel alternatif

Le chamane de la tribu Yanomani a reçu hier, mercredi 4 décembre, le Nobel alternatif. Quand il défend les Indiens, c’est toute l’humanité qu’il veut sauver. Ouest-France 5/12.2020

https://www.ouest-france.fr/monde/bresil/davi-le-dalai-lama-d-amazonie-recoit-le-prix-nobel-alternatif-6640625

• Haiti-Discours : L’idéophone « tchwipe » et son problème d’équivalence en français
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12589#.WCllzJhPfYV

• Guyane: l’histoire des Boni, de l’esclavage au marronnage. RF1

Le 27 avril 1848, l’esclavage est aboli en France et dans ses colonies, mais certains Guyanais n’ont pas attendu cette date pour se libérer de l’esclavage. Leur histoire est celles des « marrons » et en particulier du peuple Boni qui a fui la servitude et s’est installé dans la forêt guyanaise pour vivre libre.

https://www.rfi.fr/fr/hebdo/20180427-histoire-boni-esclavage-marron-guyane-suriname-cimarron-noir-bushinengue

• Quelques palmiers emblématiques de Guyane : le wassay ou le palmier Euterpe oleracea – 1. Guyane la 1ère.

Il existe de nombreuses sortes de palmiers en Guyane. Pierre-Olivier Albano, docteur en pharmacie, a rassemblé plus de 600 espèces sur sa propriété à Macouria. Découvrons avec lui, les origines et les propriétés de cinq palmiers emblématiques : le wassay, le parépou, le maripa, le comou et l’awara.

https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/quelques-palmiers-emblematiques-guyane-wassay-palmier-euterpe-oleracea-1-569467.html

Quelques palmiers emblématiques de Guyane : le maripa ou le palmier Attalea maripa – 2. Guyane la 1ère.

Très grand, son stipe peut atteindre la canopée, le maripa est un palmier majestueux qui se remarque sur la zone littorale guyanaise comme dans la forêt.

https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/quelques-palmiers-emblematiques-guyane-maripa-palmier-attalea-maripa-3-570245.html

Le wassaï, la boisson du mondial 2014

Durant la coupe du monde si la « cerveja » (bière) coule à flots dans les foyers brésiliens, le jus de wassaï ou açaï remporte aussi tous les suffrages. En Guyane, consommé durant les repas, il l’est aussi de plus en plus à n’importe quelle heure de la journée par les brésiliens comme les guyanais.

https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/2014/06/17/le-wassai-la-boisson-du-mundial-2014-161515.html

BLADA
Webzine pratique et local guyanais
https://www.blada.com

En Guyane, un recensement parfois en pirogue, qui comptabilise aussi les orpailleurs illégaux. Outremers 360°
https://outremers360.com/societe/en-guyane-un-recensement-parfois-en-pirogue-qui-comptabilise-aussi-les-orpailleurs-illegaux

Les amérindiens de Guyane. Survival International.
https://www.survivalinternational.fr/peuples/guyane

Réaction : « La Guyane n’est pas à l’abri… », selon le Haut Conseil Coutumier, après l’assassinat du chef autochtone, Emrya Wajãpi. Guyane la 1ère 30 juillet 2019.
https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/reaction-guyane-n-est-pas-abri-haut-conseil-coutumier-apres-assassinat-du-chef-autochtone-emrya-wajapi-735026.html

Dans le Haut-Maroni, l’électricité remplace enfin la lampe frontale. Médiapart. 04 AOÛT 2019 | PAR MARION BRISWALTER

Quatre ans après l’arrivée de la téléphonie mobile française, les 250 familles wayana, teko et apalaï du grand Ouest guyanais accèdent peu à peu à l’électricité. Une opération d’envergure

[http://www.mediapart.fr/journal/france/040819/dans-le-haut-maroni-l-electricite-remplace-enfin-la-lampe-frontale

Des livres numériques en langues guyanaises
https://www.franceguyane.fr/actualite/education-sante-environnement/des-livres-numeriques-en-langues-guyanaises-283745.php

Pour la reconnaissance de la culture et des droits autochtones en Guyane (article de 2016 sur une pétition)

http://lepeuplebreton.bzh/2016/02/18/pour-la-reconnaissance-de-la-culture-et-des-droits-autochtones-en-guyane/

Jus de graine
Ce week-end pascal, les graines de palmiers sont à l’honneur. L’awara tient la dragée haute pour le fameux bouillon mais le wassai, le comou ou encore le patawa deviennent des denrées précieuses le vendredi saint pour accompagner le couac, le poisson salé, roti et autres accras de légumes.

https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/le-jus-de-graines-la-potion-du-vendredi-saint-en-guyane-344101.html#xtref=https://news.google.com

Les amérindiens Wayampis, citoyens français d’Amazonie

https://medium.com/france/au-pays-des-amerindiens-wayampis-441175a7e59c

VIDEO. Que font ces fourmis avec une feuille sur la tête ?

https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/video-que-font-ces-fourmis-avec-une-feuille-sur-la-tete_100866#xtor=EPR-6-%5BActuSciences17h%5D-20150612

   

LA SOCIETE CREOLE DE LA GUYANE FRANCAISE / Histoire de la Guyane, Regina, Guisanbourg, etc. À LIRE

http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/pleins_textes_4/sci_hum/01272.pdf

Chamanisme ; personnes qui font profession de chamanisme.

https://www.streetpress.com/sujet/134796-heureux-comme-un-chaman-dans-le-jura

http://chamanisme.eu/

http://www.psychologies.com/Therapies/Developpement-personnel/Methodes/Articles-et-Dossiers/J-ai-ete-initiee-au-chamanisme

http://festival-chamanisme.com/

http://chamanisme.fr/wordpress/

http://les-forges-de-sylva.info/wordpress/devenir-chaman/

Koro, Reflechi twop… Ces maladies mentales qui n’existent que dans certaines cultures

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/94527/reader/reader.html?utm_source=neolane_po_newsletter-eds&utm_medium=email&utm_campaign=lienarticle&utm_content=20200610#!preferred/1/package/94527/pub/136928/page/15

Poupées noires guyanaises, amérindiennes

https://www.facebook.com/LTOMoff/videos/2430285650579374/?__xts__[0]=68.ARCGKYDMsG5lgOr-py_2Vod3tMsv67MKgz240FPfnkWpPTT3sHKfD4Vti-OOnwAXLs_ebxugz50MDJJigN_5jgTjmd-l6AqAtyDrytohBg2erdU4ecv1cj88260OskRLoUyxZYuM4B6OhBZX52iRlByg0a92Wwtv8hMoxw7p5YSuNVP45zQHpjPEyNv4iWN-7-wBtcYCtF3WHRQxx9EYbO0eXpAxyriIrxIW33xBo3zVV9DdUWMU-hbrrJCNt7ZxkTBWzWUBBzXmQPBMjHt7xIKA_o0q5XDqUczIsSQUf-jO6t8GKm3AH0RTMvUXo0c3v_B3W-GZc2Lz-DrgG44-ELdn-VdjNwJ3_UndVQ&__tn__=H-R

Sujet sur une fashion week de poupées, par Les Témoins d’Outre-Mer.

Adieu poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles : 60% des vertébrés ont disparu en 44 ans
https://www.liberation.fr/france/2018/10/30/adieu-poissons-oiseaux-mammiferes-amphibiens-et-reptiles-60-des-vertebres-ont-disparu-en-44-ans_1688634
• En Colombie, la fascinante découverte d’un legs préhistorique âgé de 12 500 ans
(The Guardian, Londres). Publié dans C.I le 15/12/20 / Original 22/11/2020

Des chevaux ou des éléphants, disparus depuis des millénaires de cette région, des mains, des graphismes : au cœur de la jungle, en Amazonie colombienne, sur le site archéologique de Serranía de la Lindosa ont été découvertes des fresques remontant à 12 500 ans.
https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1999082/article/1998092

• Le site de Laurent Fontaine, Ethnologue linguiste des Indiens yucuna et tanimuca d’Amazonie colombienne.
http://site.laurentfontaine.free.fr

• Le site du LACITO, laboratoire du CNRS : « Langues et civilisations à tradition orale » UMR 7107 du CNRS.
http://lacito.vjf.cnrs.fr/index.htm

• Les ciels de case de Ti’iwan, amérindienne issue des communautés Teko et Wayana.
Reportages des Témoins d’Outre mer sur Twitter (@LTOMofficiel)
https://twitter.com/ltomofficiel/status/1285892344152121346?s=12

• Kuarup / Tournoi de lutte et célébration des funérailles des grands chefs disparus dans l’année, chez les Yawalapitis, Amazonie brésilienne. Reportage de Cécile Ravaux.
Au fin fond de l’Amazonie, au Brésil, au coeur de la réserve de Xingu, à 4 heures de vol en avion-taxi de Brasilia, se trouve la tribu des Yawalapitis. A l’occasion du tournage du documentaire ‘Une histoire amazonienne’ réalisé par JP Dutilleux et Bonne Pioche, j’ai assisté au Kuarup. Le Kuarup est la plus grande fête tribale amazonienne qui se déroule chaque année au mois d’Août. L’ensemble de ces tribus fragilisées aujourd’hui par le dérèglement climatique et la déforestation, continue à se rassembler pour des rituels culturels et spirituels impressionnants : Tournoi de lutte et célébration des funérailles des grands chefs disparus dans l’année. https://cecileravaux.com/amazonie-bresil-ceremonie-kuarup/

• Chanter l’identité Musique et organisation sociale chez les Indiens Suyá du Mato Grosso (Brésil) – Anthony Seeger

p. 135-150 https://doi.org/10.4000/lhomme.24877

• Une immense fresque vieille de 12 500 ans a été découverte dans la forêt amazonienne
Cette « chapelle Sixtine des Anciens », qui raconte la vie de nos ancêtres, a « coupé le souffle » des archéologues. Au cœur de la Serranía de la Lindosa, près du río Guayabero, une équipe britanno-colombienne a découvert des dizaines de milliers de peintures sur une falaise large de près de treize mètres. Ces dessins dépeignant des hommes et des animaux dateraient de 12 500 ans.

« Beware Magazine rapporte certaines des premières hypothèses des archéologues : ces peintures rupestres auraient « été faites par l’une des deux principales tribus indigènes présentes en Amazonie depuis des milliers d’années : les Yanomami et les Kayapo. Ces tribus seraient des descendantes de la première vague de migrants sibériens, qui auraient rejoint l’Amazonie par le pont terrestre de Béring, il y a 17 000 ans ».
https://arts.konbini.com/peinture/une-immense-fresque-vieille-de-12-500-ans-a-ete-decouverte-dans-la-foret-amazonienne/

https://www.bewaremag.com/chapelle-sixtine-anciens-amazonie/

• Guyane : nombre record de sites aurifères illicites dans le parc amazonien.

Europe1 27/08/17 : Les chantiers aurifères illicites actifs au sein du parc amazonien de Guyane (Maripasoula, Papaïchton, Camopi, sour-ouest Guyane) ont atteint le nombre record de 177 en août, selon un bulletin d’information remis aux administrateurs de cet espace protégé. « L’ultra-majorité des sites répertoriés sont des sites d’or alluvionnaire (or secondaire du bord de criques) au nombre de 169. Huit « zones de puits », correspondant à des chantiers d’extraction d’or primaire où les orpailleurs creusent des galeries pour s’attaquer à la roche mère, ont été répertoriées dans le parc. En juillet 2016, sur 128 sites actifs répertoriés dans le parc amazonien de Guyane, 118 étaient des sites d’or alluvionnaire pour 10 zones de puits. »
https://www.europe1.fr/societe/guyane-nombre-record-de-sites-auriferes-illicites-dans-le-parc-amazonien-3423653

Gabrielle Serville et 67 députés ont demandé l’interdiction du cyanure de sodium. > les Macroqa pensaient s’en servir pour autre chose d’inattendu ?

Indiens Pirahãs

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pirahã

Indiens Yawalapitis

(fête du kwaru > docs. Catch avec les tribus voisines)

http://cocomagnanville.over-blog.com/2013/11/brésil-les-yawalapiti.html

Peuple autochtone du Brésil qui vit dans l’état du Mato Grosso

C’est l’une des ethnies qui vit au sein du parc indigène du Xingu (PIX) dans la partie sud aux côté de peuples aux cultures similaires aux confluents des rivières Uluene et Batovi.

RESSOURCES

Elles proviennent de l’agriculture, de la pêche et plus rarement de la chasse essentiellement aux oiseaux (jacu, macuco, colombe) et aux singes.

Le manioc est planté sur des abatis brûlis par les hommes. Ces sont des propriétés individuelles qui appartiennent aux hommes à partir de l’âge de puberté (14 -17 ans). Les femmes arrachent les tubercules, les transportent et en extraient la toxine pour en faire de la farine, des pains (beiju), des bouillies . Le manioc est à la base de l’alimentation indienne du Xingu.

Sur les parcelles sont cultivées également le maïs, les bananes , les haricots, le poivre, le tabac, le roucou.

Les femmes sont aussi de corvées d’eau dans les villages. Elles fabriquent les nattes pour presser le manioc, les hamacs, les colorants et l’huile de péqui pour les peintures corporelles.

Les hommes fabriquent les paniers, les flûtes et les hochets de cérémonie, l’artisanat en bois , bancs, mortiers, arcs, et ils construisent les maisons.

La pêche est pratiquée par les hommes à l’aide de filets, crochets, flèches, poison (timbo). Le poisson est consommé rôti, grillé ou bouilli.

Dans la forêt, la cueillette leurs apporte :

Les fibres de buriti : pour fabriquer les hamacs, les paniers

La sape(chaume) : pour la couverture des maisons

Le taquara (bambou) : pour fabriquer les flèches

Les racines et les feuilles des espèces médicinales

PRESSE
• Tourisme chamanique en Amazonie péruvienne
Jean-Loup Amselle. Le Monde Diplomatique, janvier 2014.

  • Yanuwana Tapoka, un amérindien à Paris. Ouest France 27/06/2018
    Portrait de Christophe Pierre (Yanuwana Tapoka) indien Kali’na de Terre Rouge près de St Laurent du Maroni, venu s’opposer au projet minier Montagne d’or.

Parler en sifflant, un phénomène planétaire. Julien Meyer. Pour la science n°476. Juin 2017.

DOCUMENTAIRES – REPORTAGES

• Le chemin de l’anaconda

Documentaire de Alessandro Angulo (2019)

Témoignage du parcours de Wade Davis, écrivain canadien de renom, qui se rend en Colombie en compagnie de l’anthropologue Martin von Hildebrand aux côtés des communautés autochtones de la rivière Apaporis, dans la jungle amazonienne colombienne. Wade veut suivre les traces de son professeur Richard Evan Schultes et explorer avec Martin des zones incroyables de la forêt amazonienne, qui pourraient à l’avenir être exploitées à des fins économiques. Ce superbe documentaire, très intelligent, explique surtout pourquoi préserver les peuples autochtones et de les écouter, et essayer de préserver le « chemin de l’anaconda » (bande nord ouest de l’Amazonie des Andes à la l’Atlantique, soit de 2quateur, Colombie, Pérou, Vénézuela, Brésil, Surinam, Guyana et Guyane française) est crucial pour  la planète. 
• The Last Shaman
Documentaire. Raz Degan.
Un jeune américain souffrant de dépression sévère suit une guérison chamanique à l’ayahusca au Pérou, par, Pepe, un chaman qui disparait finalement de la circulation.
Ce film dont on peut remettre en question la véracité, tant il rappelle et est structuré comme un livre de Castaneda reste toutefois intéressant sur le chamanisme et l’ayahusca. Comme les bouquins de Castaneda, ce qui est probablement une fiction sert toutefois sur bien des points de connaissance du sujet.
• Les Paradis Perdus d’Amazonie
Documentaire. Angus Macqueen.
La condition des indiens dont les territoires et cultures sont endommagés.
• L’Amazonie rongée par l’impunité
Reportage E. Rühle, N. Tarouquella-Levitan, M. Eberle © ApolloFIlm 2020.
Le défrichage massif de la forêt au Brésil.
• Guyane, sur la piste des orpailleurs clandestins
Documentaire. Vincent Wartner. Puzzle Media / France Télévisions – sep. 2020
Pour mieux comprendre le phénomène de l’orpaillage clandestin, un géographe du CNRS organise l’expédition Camopi-Régina en juin 2019. Une dizaine d’hommes partent à la rencontre des Garimpeiros. Un documentaire qui détruit le cliché des garimpeiros bandits.

• Le village amérindien de Norino, par Les Témoins d’Outre-Mer.
Un village créé par Phil Labonté un amérindien Palikour il y a une quinzaine d’années près de Cayenne.
https://twitter.com/ltomofficiel/status/1268550576767369217?s=12

• Mariage bushinengé, par Les Témoins d’Outre-Mer.
Mariage inter culturel entre Marc-Alexandre, martiniquais et Clarisse, bushinengé et surinamais.

https://twitter.com/ltomofficiel/status/1260925330430193666?s=12

• L’art Tembé, par Les Témoins d’Outre-Mer.

L’art Tembé, créé par Eddy Payé (village de Saramaka), ce sont des couleurs et des formes qui s’entremêlent. Cet art guyanais (bushinengé) populaire vient d’Afrique. Il s’exprime sur des tableaux, des sculptures et sur tous les supports.

• Ciels de case de Ti’iwan, amérindienne issue des communautés Teko et Wayana
Reportage des Témoins d’Outre mer sur Facebook :
https://www.facebook.com/watch/?v=281704519580758

«Si l’on ne se mobilise pas, d’ici 20 ans il ne restera plus rien de la culture Wayana…»

https://www.liberation.fr/voyages/2017/07/14/si-l-on-ne-se-mobilise-pas-d-ici-20-ans-il-ne-restera-plus-rien-de-la-culture-wayana_1581734

• Le football à la façon des Indiens d’Amazonie. France O.
Une balle fabriquée en latex pour un jeu qui répond à un rituel chez les Indiens Enawenes (peuple contacté il y a une trentaine d’années au Brésil). Impressionnant.

https://twitter.com/FranceOtv/status/1233799088489017344

BRIGADE NATURE (L’ONF et la gendarmerie en Guyane)

• L’or de bois violet – Brigade Nature – France 5 (1er ép.).

Réalisateur Daniel Serre. Jangal Films 2013. Lutte contre l’orpaillage.

• Les clandestins d’Oiapoque – Brigade Nature – France 5 (2e ép.).

Réalisateur Daniel Serre. Jangal Films 2013. Lutte contre l’orpaillage.
• Les garimpeiros de l’Approuague – Brigade Nature – Fr. 5 (3e ép.).

Réalisateur Daniel Serre. Jangal Films 2013. Lutte contre l’orpaillage.
• Danger sur les Nouragues – Brigade Nature – France 5 (4e ép.).

Réalisateur Daniel Serre. Jangal Films 2013. Comment l’orpaillage menace la plus grande réserve naturelle de France, et la sécurité et le travail des scientifiques.

• Mission spéciale Adieu Vat – Brigade Nature – France 5 (5e ép.).

Réalisateur Daniel Serre. Jangal Films 2013. Opérations de gendarmerie contre l’orpaillage clandestin. Le mercure qui arrive jusqu’au bassin du barrage du Petit-Saut (6 à 12 tonnes rejetées par an). Le fleuve Approuague ayant les teneurs en mercure les plus fortes. Contamination des populations indigènes sur 1e Maroni.

• Adieu Vat : fin de règne – Brigade Nature – France 5 (6e ép.).

Réalisateur Daniel Serre. Jangal Films 2013. Opérations de gendarmerie contre l’orpaillage clandestin (suite). Destruction des sites et mines illégales à l’explosif.

• La valse des tronçonneuses – Brigade Nature – France 5 (7e ép.).

Réalisateur Daniel Serre. Jangal Films 2013. La déforestation en Guyane : les scieries illégales ; trafic de bois ; la lutte par l’ONF et la gendarmerie.

• La forêt selon Ariane – Brigade Nature – France 5 (8e ép.).

Réalisateur Daniel Serre. Jangal Films 2013. Comment les scientifiques étudient les retombées environnementales des tirs de la fusée Ariane et comment on préserve la faune aux alentours du Centre Spatial de Guyane. 
• Chercheur d’or désespérément – Brigade Nature – Fr. 5 (9e ép.).

Réalisateur Daniel Serre. Jangal Films 2013. Contrôle des orpailleurs bénéficiant de titres miniers, et traque de leurs dérapages enfreignant le code minier (pollution au mercure, reconstitution des sites). Les indiens citoyens français qui se mettent à l’orpaillage pour survivre face au chômage, et sont sanctionnés. Cas d’un orpailleur légal mais fraudeur, condamné, qui a fui.

• Big Brother sur la Guyane – Brigade Nature – Fr. 5 (10e ép.).

Réalisateur Daniel Serre. Jangal Films 2013. Le laboratoire de télédétection de Cayenne. La surveillance de la forêt par images satellite.  Evoque le vaste village de garimpeiros détruit par Anaconda, Dorlin, et les opérations Harpie.

PODCASTS

• Amazonie, voyage entre deux mondes dans un village de Guyane Podcast « L’envers du récit » du journal La Croix, par Marine Lamoureux (10 jours de reportage narrés en une demi-heure, façon un peu Bécassine sur le Maroni, qui n’apportent rien mais résument à grands traits la situation des Indiens Wayanas sur le Haut-Maroni).

https://www.la-croix.com/environnement/PODCAST-Amazonie-voyage-entre-deux-mondes-village-Guyane-2020-08-12-1201108787

• Pikolèt. Les hommes qui chantent à l’oreille des oiseaux
Documentaire de Nina Almberg. https://www.arteradio.com/son/61664809/pikolet
• Au royaume des Touloulous
Documentaire de Laure Chatrefou.
https://www.arteradio.com/son/61660907/au_royaume_des_touloulous
• La prochaine fois tu viens. Carte postale de St Laurent du Maroni
Création de Laura Tirandaz.
https://www.arteradio.com/son/61658271/la_prochaine_fois_tu_viens
• Franky va au bal. Les hommes masqués au carnaval de Guyane
Documentaire de Maria Guimaraes.
https://www.arteradio.com/son/61658265/francky_va_au_bal
Contes autochtones en Soutien à Survival
https://contes-autochtones.lepodcast.fr

BIBLIO A PLACER

• « Amazonie, la dernière conquête » de Philippe Lafaix. Les routes de l’impossible – France Télévision

• « Indiens d’Amazonie, le dernier combat », de Laurent Richard. Premières lignes Télévisions 2013 > Awà

• « LES RENNES, LA NEIGE ET LA GLACE : RICHESSE DU VOCABULAIRE SÂME » – Ole Henrik Magga. ERES | « Revue internationale des sciences sociales » 2006/1 n° 187 | pages 29 à 38

• Fontainebleau, piqûre de mystique. Libération 12 août 2018.

• Parler en sifflant, un phénomène planétaire. Pour La Science n°476, juin 2017.

• La Guyane, Patrice Mouren Lascaux, Ed. Karthala, Coll. Méridiens. 1990

• Le contexte culturel du Yagé, Gérardo Reichel-Dolmatoff. Ed. L’esprit frappeur. 2000

• Un panorama des hallucinogènes du Nouveau Monde, Richard Evans Schultès. Ed. L’esprit frappeur. 2000

• Le Peyotl chez les indiens Huicholes du Mexique, Peter T. Furst. Ed. L’esprit frappeur. 2000

• Le tabac et l’extase chamanisme chez les indiens Warao du Vénézuéla, Johannes Vilbert. Ed. L’esprit frappeur. 2000

• Les plantes psychédéliques zt les origines chamaniques de la religion. Weston La Barre. Ed. L’esprit frappeur. 2000

• Dynamique des savoirs et des échanges d’un produit de collecte en territoire transfrontalier. Le cas du wassaï (Euterpe oleracea) dans la région du bas Oyapock, Pauline Laval. CONFINS, 2012

• Manioc.org http://www.manioc.org BIBLIOTHEQUE NUMERIQUE CARAIBE AMAZONIE PLATEAU DES GUYANES